Extinction

Un petit lit à barreaux
Rempli d’étoiles
Remplies de sable

Il fait nuit : les astres s’amoncèlent dans le noir.
Le marchand de sable va passer.
Extinction des feux.

Le sable a fini par éteindre le feu.
Mais tout a brûlé – holocauste.
Un berceau carbonisé offre ses entrailles en pâture.

La raideur des barreaux implacablement alignés tranche avec le grouillement du matelas d’étoiles. Arrachées aux cieux, jetées là par poignées pour, au bout du compte, former un charnier. Un tas de petits corps, nus, mous, morts.
Poussière et cendres d’étoiles recueillies dans un drap.

Les étoiles débordent du lit de part en part.
Entassées comme des sacs dans cette lugubre cage, elles tentent de s’échapper pour ne pas étouffer. Tendant leurs petites branches au travers des barreaux, elles donnent au berceau des allures de cachot.

Berceau de cauchemar
Lutter pour ne pas s’endormir.
Un train surgit au loin dans l’obscurité. Son souffle mécanique rafle tout sur son passage et m’entraîne dans son sillage.

Je m’enfonce dans les étoiles.
Un monstrueux amas,
Dissimulé dans un hangar,
Et révélant l’innommable.

Un monceau s’érigeant en monument,
Dédié aux déportés,
Chargés dans des wagons,
Acheminés vers des camps de concentration,
Exterminés dans la nuit et le brouillard.

Fermer les yeux.
Se faire happer.
Je vois des étoiles cousues sur des pyjamas,
Des images en noir et blanc de la Shoah.
J’ai peur.
J’ai peur du noir.

Extinction

Un petit lit à barreaux
Rempli d’étoiles
Remplies de sable

Il fait nuit : les astres s’amoncèlent dans le noir.
Le marchand de sable va passer.
Extinction des feux.

Le sable a fini par éteindre le feu.
Mais tout a brûlé – holocauste.
Un berceau carbonisé offre ses entrailles en pâture.

La raideur des barreaux implacablement alignés tranche avec le grouillement du matelas d’étoiles. Arrachées aux cieux, jetées là par poignées pour, au bout du compte, former un charnier. Un tas de petits corps, nus, mous, morts.
Poussière et cendres d’étoiles recueillies dans un drap.

Les étoiles débordent du lit de part en part.
Entassées comme des sacs dans cette lugubre cage, elles tentent de s’échapper pour ne pas étouffer. Tendant leurs petites branches au travers des barreaux, elles donnent au berceau des allures de cachot.

Berceau de cauchemar
Lutter pour ne pas s’endormir.
Un train surgit au loin dans l’obscurité. Son souffle mécanique rafle tout sur son passage et m’entraîne dans son sillage.

Je m’enfonce dans les étoiles.
Un monstrueux amas,
Dissimulé dans un hangar,
Et révélant l’innommable.

Un monceau s’érigeant en monument,
Dédié aux déportés,
Chargés dans des wagons,
Acheminés vers des camps de concentration,
Exterminés dans la nuit et le brouillard.

Fermer les yeux.
Se faire happer.
Je vois des étoiles cousues sur des pyjamas,
Des images en noir et blanc de la Shoah.
J’ai peur.
J’ai peur du noir.