Anne Geoffroy_Héritière(s)

Dans cette seconde exposition personnelle à la galerie LJ, dessins et sculptures se mêlent plus étroitement.
Dans un premier ensemble, composé d’une série de six dessins (les Fantômes) et de quatre sculptures (les Héritières), les petits lits crayonnés(1), installés sur des socles, viennent prolonger les dessins, dont ils pourraient avoir été extraits.
D’une dimension à l’autre, ils sont aussi passés du blanc (du papier) au gris (du graphite). Un motif de robe se détache en négatif sur le matelas, nous renvoyant aux dessins où les lits, représentés en troupeaux, sur fond noir et en réserve, forment une étrange dentelle. La perspective improbable, chancelante, trouve son pendant avec les socles tournants.
Avec cette installation, un lien se crée entre les fantômes et les héritières.
Les fantômes qui préoccupent Anne Geoffroy « ne sont pas les trépassés qui viennent hanter, mais les lacunes laissées en nous par les secrets des autres », pour citer Nicolas Abraham(2). De nos ancêtres plus particulièrement, nous apprend la psychogénéalogie.
Héritière d’une lignée, dépositaire de ses secrets, Anne Geoffroy sonde, à travers sa pratique artistique, ces mystérieuses « lacunes ».
Cet héritage silencieux, transmis de génération en génération, de mère en fille, est au cœur de deux autres pièces, où l’artiste s’interroge aussi sur sa place au sein de la lignée, entre sa mère et sa sœur. Les trois femmes représentées en dormeuses composent le triptyque intitulé Descendance. Reproduites sur tissu, elles ornent également les matelas des trois lits de la Lignée. Un mécanisme anime chaque lit d’un mouvement de va-et-vient.
C’est la première fois qu’Anne Geoffroy utilise le mouvement. Bercement ou tournoiement, ils confèrent aux œuvres cette tension, cette dualité propre à son travail. D’abord rassurants, parce que lents, ils deviennent inquiétants voire menaçants, parce qu’incessants.
Si l’on retrouve ici sa noirceur, Anne Geoffroy n’a plus peur du noir(3). Elle l’a apprivoisé à coups de crayons.
1-Lits miniatures en métal recouverts de tissu préalablement grisé, noirci au crayon à papier
2-In Etudes freudiennes, 1975, cité par Nina Canaullt, Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres, Ed. Desclée de Brouwer, 2006, p.48
3-En référence à la série de travaux précédents intitulée La peur du noir


 

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Héritière 1
: Héritière 1

Héritière 2
: Héritière 2

Héritière 3
: Héritière 3

Héritière 4
: Héritière 4

Fantômes 1
: Fantômes 1

Fantômes 1b
: Fantômes 1b

Fantômes 2
: Fantômes 2

Fantômes 2b
: Fantômes 2b

Fantômes 3
: Fantômes 3

Fantômes 3b
: Fantômes 3b

Lignée
: Lignée

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Vue de l
: Vue de l'exposition galerie LJ

Lignée (détail d
: Lignée (détail d'un matelas)

Descendance
: Descendance

Descendance (1/3)
: Descendance (1/3)

Descendance (2/3)
: Descendance (2/3)

Descendance (3/3)
: Descendance (3/3)